Août 2010 ! Le livre le plus dangereux du monde !
| Editoriaux ! |

Ces dernières semaines, j'ai relu une histoire écrite par le franco-suisse Jean-Henri Merle d'Aubigné sur les événements qui ont secoué l'Europe durant le 16 ème siècle - en particulier la Réforme. Il est certainement difficile pour nous au 21ème siècle d'apprécier à quel point la vie quotidienne il y a 500 ans était inséparable de la « religion », et l'importance de « l'Eglise » dans la politique. Et si nous sommes tentés de nous croire plus avancés que nos ancêtres, et donc que nous n'avons rien à apprendre d'une ère si lointaine et apparemment si « intolérante », il nous suffit de penser au Rwanda, au Cambodge, à Bergen-Belsen, à Auschwitz et au Goulag afin de nous rendre compte, qu'au fond, rien n'a vraiment changé.
Pourtant, ce qui m'a frappé le plus dans ma lecture, c'est la violence des autorités « religieuses » envers ceux qui étaient coupables du crime d'avoir... traduit la Bible ! Est-ce que ces « criminels » étaient des révolutionnaires visant le renversement de l'ordre public ? Est-ce qu'ils avaient des urnes dans une main et un Kalashnikov dans l'autre ? Pas du tout ! En fait, le réformateur le plus célèbre - Martin Luther, a été fustigé par les historiens pour son soutien, presque inconditionnel, aux princes allemands dans leur répression ensanglantée de la rébellion des paysans. Non – le « crime » de Luther, comme celui de Jean Calvin en France, Jan Hus en Bohème et William Tyndale en Angleterre, était de croire et d'oser proclamer la Bible et son message central de réconciliation avec Dieu – non pas à travers les rites religieux inventés par l'église officielle, mais exclusivement à travers la foi en Christ crucifié. C'est à cause de cette conviction et de ces actes-là que ces hommes ont été mis à mort en public – comme les 7 adultes brûlés à Coventry le 4 avril 1519 pour avoir « enseigné à leurs enfants le Notre Père, le credo des apôtres et les commandements de Dieu » ; comme William Tyndale, brûlé près de Bruxelles pour le crime d'avoir traduit la Bible en anglais !
Pourquoi une telle violence ? Qu'y avait-il derrière une telle intolérance?
Il me semble tout à fait insuffisant d'attribuer ces réactions meurtrières à « l'esprit médiéval ». Pourquoi ? Parce qu'il y a eu depuis une série de réactions semblables tout au long de l'histoire. On pense notamment aux mesures adoptées par les régimes soviétique et chinois du 20ème siècle essayant de limiter, voire d'interdire la diffusion de ce livre. Non ! La vérité est que les deux « côtés » de la Réforme, savaient trop bien ce qui était en jeu. Ce livre – dès que possédé, traduit, lu, absorbé, diffusé, cru et mis en pratique – s'avère une bombe, suffisamment puissante pour transformer les individus, les nations, les cultures et mêmes les civilisations. Selon la Bible elle-même, c'est une épée à double tranchant, un marteau, une lampe, de la nourriture pour nos âmes, et du froment par opposition à la « paille » de la philosophie et de la pensée humaine. Bref – ce livre est dangereux !
Il existe bien sûr beaucoup de raisons de lire la Bible. Après tout, c'est l'un des textes qui a le plus marqué notre civilisation occidentale. Pourtant, la raison suprême pour la lire régulièrement (et par la grâce de Dieu pour la comprendre), c'est qu'elle proclame être la parole vraie du Dieu vivant, et qu'en l'écoutant et en la lisant, c'est la voix même de Dieu que nous écoutons !
Avez-vous été, jusqu'à présent, indifférent à ce livre et à son auteur divin ? Des hommes et des femmes sont morts afin de rendre la parole de Dieu accessible pour nous, allez-vous la laisser prendre la poussière sur vos étagères ? Ou allez-vous oser lire cette oeuvre subversive et révolutionnaire comme Dieu l'entend être lue – en priant Dieu d'être éclairé, avec humilité et un coeur ouvert ?


